Ma première fois à la foire de Bâle

A l’origine de GUILLOT, une volonté forte de créer enfin la montre-bijou de mes rêves dont l’esthétique prime sur la technique. Une esthétique, révélant une qualité irréprochable, qui se veut élégante, car une attention particulière est portée aux détails, mais surtout modulable et adaptable. N’ayant pas le monopole du goût, j’ai voulu créer un produit qui me ressemble certes mais que beaucoup peuvent s’approprier pour le réinventer.

C’est comme ça qu’est née GUILLOT et la montre multi-portés : une montre dont le boîtier cache au dos une rainure dans laquelle viennent se glisser des cornes retenant un bracelet, une plaquette de fixation pour porter le boîtier en pendentif ou encore en gousset. Quant au verrouillage de l’ensemble, celui-ci s’effectue grâce à un capot magnétique.

Technique, voire même très technique car encore jamais vu ! Oui mais à première vue, la technicité ne se devine même pas et pour moi mon objectif était atteint après deux ans de travail. J’étais heureuse, j’avais réussi à façonner la montre en véritable accessoire bijou sans dénaturer l’esthétique par la technique passant totalement inaperçue celle-ci étant relayée au dos du boîtier.

Mais beaucoup me l’ont reproché me disant que mon produit était certes merveilleux mais quel dommage qu’on n’y voit pas au premier regard la prouesse technique. De mon côté, ayant réussi mon défi, je ne prêtais guère attention à ces critiques tout de même pertinentes, jusqu’au jour où…..

Je me suis rendue pour la première fois à la foire de Bâle.

QUELLE SURPRISE !!!

Dans cet épicentre de l’horlogerie où l’on pouvait admirer les nouveautés des plus belles manufactures, je suis ressortie chamboulée et perplexe car c’était le temple de la prouesse technique visible dès le premier regard….

Des montres mécaniques avec grande complication, stand après stand. Des montres squelettes faisant apparaître des mouvements si complexes, qu’il était difficile d'y lire l’heure.

Puis il y avait également les horlogers travaillant l’esthétique du cadran ou de la lunette pour en faire des pièces de haute joaillerie.

La prouesse technique, où qu’elle soit, était évidente et sautait aux yeux.

Je portais un regard fasciné sur ce magnifique spectacle qui s’offrait à moi pour honorer la technique et la faire valoir.

Pour résumer, j’avais fait tout l’inverse de mes pairs horlogers. Je cachais mon faire-valoir technique et breveté au dos du boîtier. Chercher l’erreur !

Étais-je à côté de la plaque ? Non je ne crois pas, juste différente et apportant un regard nouveau sur l’horlogerie.

Pourquoi faire l’inverse ? Car je portais davantage attention à revisiter le garde-temps et son porté pour créer LA montre-bijou qui se transforme rapidement et facilement au gré de vos envies ou de votre style. Ce principe général, mon postulat de départ si vous préférez, était à l’origine de ma création et transcendait la volonté de créer un produit technique. Ça l’est devenu par la suite car il a fallu faire preuve d’ingéniosité et de patience, deux ans de développement, pour créer finalement et sans le vouloir une invention horlogère.

Est-ce pour cela que le principe technique est au dos du boîtier. Peut-être inconsciemment…ou parce que j'aimais également l'idée de garder secrètement le principe technique, bien caché à même votre peau, pour créer une montre à secret qui ne vous qui quitte plus. 

Qui sait ???? Le mystère reste entier….